Archive for the ‘COMPTE RENDU’ Category

CENSURE ou BON SENS?

Mercredi, octobre 24th, 2012






Plusieurs présidents de districts ont appelé lundi Zinédine Zidane à demander le retrait de la statue d’Adel Abdessemed installée devant Beaubourg et représentant le fameux coup de tête qu’il a adressé à Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde 2006. «En faisant ce choix provocateur et en raison de la force du symbole, l’auteur a délibérément choisi d’occulter tout votre talent et toutes les émotions positives que vous avez su faire partager à notre pays. Aussi nous nous adressons aujourd’hui à l’ancien champion sportif, au futur entraîneur, à l’homme et surtout au papa que vous êtes, afin que vous puissiez dénoncer et faire cesser immédiatement cette utilisation négative de votre image. En prenant cette position de clarté, qui serait tout à votre honneur, vous témoigneriez ainsi de votre soutien indéfectible aux valeurs éducatives de notre football, pour lesquelles nous sommes nombreux à nous battre», écrivent les signataires d’une lettre ouverte, dont le nouveau président de l’ANPDF (association nationale des présidents de districts français), Michel Keff.

In Le Figaro (La statue de Zidane retirée?)

REAL DEAL (Invisible)

Dimanche, octobre 21st, 2012

Image 1: Jeff Wall, After « Invisible Man » by Ralph Ellison, the Prologue. 2001.
Image 2: Publicité, TOYOTA GT86: The Real Deal Advert, youtube.


En 2001, l’artiste Jeff Wall rend visible le héros anonyme du roman de Ralph Ellison « Invisible Man ».
Cette image, hasard ambiguë de google image ou culture personnelle?, s’est retrouvée sur le bureau d’un directeur artistique. Il en a donc fait sa propre interprétation, une sorte de sampling visuel, un « remix » pour les besoins d’une toute autre narration.

La suite sur la partie Blog: Lien



ONE MILLION YEARS (2002-2012)

Dimanche, octobre 21st, 2012




Image 1: On kawara, lecture, « One Million Years (Past and Future), since 1970″, Documenta 11, Kassel été 2002.
Image 2: 10 ans plus tard, en une fraction de seconde, au Jardin des Tuileries dans le cadre de « Openings / Ouvertures » FIAC 2012.


Encore, une autre très belle invitation de Jennifer Flay, après Matt Mullican au Louvre dont j’ai parlé sur le tumblr du greffon: Dans l’espace public du jardin des Tuileries la lecture abyssale de « One million years » de On kawara. Présentée ici par les presses du réel: « L’enregistrement sonore de cette œuvre, en public ou en studio, a commencé en 1999, à l’occasion d’une grande exposition itinérante internationale (Dia Center, New York, David Zwirner, New York, Konrad Fischer, Berlin, NRW-Forum, Düsseldorf, Documenta 11, Kassel, Akira Ikeda, Berlin, South London Gallery, Londres, Martine Aboucaya, Paris…) : deux voix énumèrent les dates passées et futures, poursuivant à chaque fois les lectures précédentes. Les dates paires sont lues par une voix féminine, les dates impaires par une voix masculine. La lecture intégrale de ces deux millions d’années tiendra sur quelque chose comme 4000 CD…  » Lien

J’ai découvert cette oeuvre à Kassel lors de la Documenta 11. Autant dire que cela me rattrape aujourd’hui et me cueille littéralement dans la fragilité de mon espace temps. C’est abyssale et hypnotique… Recommandé. La vie est courte…


Infos Fiac 2012

THE GLADIATORS

Mercredi, octobre 3rd, 2012


THE GLADIATORS de Peter Watkins, 1969
Pour Jean-Gabriel Périot, et pour son Art délicat de la matraque

Quand la fiction rejoint la réalité: Watkins met en scène en 1969, deux groupes armées se livrant à un jeu à mort devant les écrans de télévision (une pré-télé réalité), mis en scène par les chefs des armées alliés et ennemies. Le « terrain de jeu » est contrôlé par un ordinateur, maître du système… La scène finale dense et inquiétante, réalisée en photographies noir et blanc nous fait basculer, comme souvent chez Wtkins, de la fiction à la réalité…


THE GLADIATORS happens not only to be a beautifully constructed suspense thriller but also one of the finest anti-war films of recent years, a cool and cogent commentary on international militarism, the entrenchment of The System and, with piercing bitterness, the ultimate sameness of systems. … There is subtlety and sophistication in the construction, a steady undergrowth of suspense and a morally devastating conclusion to be reached—all by way of imaginative cinema and beautiful technique. » (New York Magazine)

When life gives you…

Jeudi, septembre 6th, 2012




























…même en hiver.







Jean Gabriel Periot est le petit fils d’Andy Warhol, souvent qualifié de cinéaste expérimental (comme pépé), il a acquis une maîtrise redoutable du montage à partir d’images d’archive (ce qui n’aurait pas déplu au pape du pop art). Mais là ou Andy jouait du paradoxe, (glorification du packaging et du design de la soupe à la tomate ou dénonciation de son omnipotence industrielle?), Jean Gabriel va là où ça fait mal et ici avec beaucoup d’humour. Régalez-vous.


Pour en savoir plus sur Périot www.jgperiot.net


Ce billet ne serait pas complet sans citer le film « L’ île aux fleurs (Ilha das flores) » de Jorge Furtado
 (1989). Un autre bijou, qui lui peut-être explicitement désigné comme l’inspirateur de Périot:

« Film pamphlet, systématique et grinçant, ce court métrage brésilien réalisé par Jorge Furtado en 1989 dénonce la sous-humanité qu’entraîne l’économie de marché et les 13 millions de Brésiliens sous-alimentés.
12 minutes, le temps durant lequel nous suivons le parcours d’une tomate, depuis sa production dans la plantation de M. Suzuki, jusqu’à son point d’arrivée à la décharge publique de l’île aux Fleurs. » Par TheMediaLibrary, Youtube.

SHAMAN SHOWMAN

Mercredi, juillet 11th, 2012




Ce mois de juillet semble bien être celui de tout les exorcismes. Et le greffon vous invite à ne pas en manquer deux qui se terminent ces jours-ci.

L’exposition des « Maitres du désordre » au Quai Branly, qui a été l’occasion d’un CRU mais dont il faut rappeler la beauté sidérante.
Tout au long du trajet labyrinthique (dut à la scénographie informe, organique conçu par l’agence Jakob+MacFarlane) chaque objet, peinture, assemblage, qu’ils soient traditionnels ou contemporains, semblent « chargés » (comme il est dit à propos d’autels rituels dont la puissance (de guérison, de sortilège, de divination…) est rendue effective (« chargée ») par les paroles et les gestes de l’officiant, prêtre, shaman etc. Et c’est là le mystère car un marbre classique grec n’est pas un objet occulte et pourtant, grâce à la juxtaposition des œuvres qui l’environnent (et lorsqu’en l’occurrence il s’agit de Dionysos), sa beauté semble vénéneuse avec son beau visage à moitié défiguré. Il en est de même, pour ne citer qu’un autre exemple, de la courte vidéo en noir et blanc de Anna Halprin qui dans une danse hors du temps défie sa maladie (un cancer).

L’exposition SHAMAN / SHOWMAN à la Douane / galerie Chantal Crousel. De toute évidence, les deux artistes Karl Holmqvist et Oscar Tuazon (l’un est tout à la fois poète, sculpteur, « arrangeur » de citations détournées, voir d’œuvres d’autres artistes (ici, une photographie répétée en damier de Wolfgang Tillmans), l’autre est sculpteur, écrivain, architecte, éditeur) auraient toute leur place dans l’exposition du Quai Branly. A commencer par le titre donné à leur exposition SHAMAN SHOWMAN et emprunté à l’artiste Italien Alighiero E Boetti (le dessin figurant en tête du billet en est l’illustration). Seuils à franchir, espaces en miroir, psalmodies, objets ordinaires symboliques (des cadenas de vélo dans un panier), citation de traumatisme collectif (en l’occurence les Twins towrers), autant de raison d’y voir des clins d’œil aux rituels et à la symbolique shamanique mais sans emphase. Les deux artistes ne sont pas des gourous donneurs de leçon au contraire, ils pratiquent un hermétisme plastique assez brutal mais non dénué d’humour (leur côté showman?). Pour ma part, j’y vois deux artistes évoluants hors des chapelles de l’art contemporain, en toute indépendance. C’est assez rare pour être signalé et vu (il est vrai pas si rare chez Chantal Crousel, si l’on songe à Tillmans, Moulène, Orozco, Sala, Allora & Calzadilla… tous des équilibristes, définitivement LA galerie)

Pour finir, des photos de concerts dont les danses nous auront amené pas très loin de la transe!
A FREAK IN SPACE, le nouveau projet afro-futuriste-funk-punk de Cyril Atef pour qui j’ai réalisé le logo écusson, (un détournement de celui de la NASA).
Et le saxophoniste Ethiopien, père de l’Ethio-Jazz, Getatchew Mekuria en formation avec les quinquas punk de The Ex. « La Classe » comme le criait une jeune femme à la fin du… premier morceau qui, de fait, nous a tous scotché…






En hommage à Monsieur Getatchew Mekuria:

CRU / Maitre du désordre

Vendredi, juin 29th, 2012




Image: Dans l’exposition « Les Maîtres du désordre » au musée du Quai Branly. Paris, juin 2012.

L »exposition passionnante de cet été. Après « Traces du sacré » au Centre Pompidou en 2008 et « A visages découvert » à La Fondation Cartier de Jouy en Josas en 1992, voici la troisième exposition signée Jean de Loisy qui tresse une ligne fine et complexe entre des œuvres et des poésies propres à des auteurs que tout séparent (temps, espace, repère…) mais dont les thèmes transcendent toute humanité: le visage, le sacré, l’occulte.

CRU / TANK

Lundi, juin 4th, 2012





Image: Retour sur l’exposition « Goudemalion » par le Greffon dans le numero 1 de la toute nouvelle revue TANK (LA REVUE DE TOUTES LES COMMUNICATIONS). Je pose l’hypothèse que la prochaine Mona Lisa sera signée Goude ou Toscani et vraisemblablement avec comme modèle… Lady Gaga. Délirant? A voir.

Dans ce numéro un, le dossier central s’intitule « Communiquer à l’ère du jeu » et la couv est signée Hervé Di Rosa (également interviewé notamment autour de « l’art modeste »). J’aime beaucoup ces grands écarts. A lire.

TENDANCE ROUGE (suite)

Jeudi, mai 31st, 2012

En novembre 2010, je faisais dans cet atelier du graft une compilation des images « rouges » du moment, »La pantoise rouge, objet de grève  » de JL Moulène ouvrait le bal (à retrouver ICI). Il semble que la couleur soit à nouveau une actualité au Québec et particulièrement grâce aux étudiants en design de l’école de l’UQAM regroupés sous le joli intitulé de l’école de la montagne rouge. (A lire sur le blog, La montagne rouge, une école d’expérience.)

Leur tumblr est mon coup de cœur du moment.








Cela n’empêche les bureaux de style de surfer sur la vague et Les Inrocks de jouer le grand écart entre le militantisme du journal et sa tendance cool! Ici avec le Hit bag en cuir imitation craft de la marque espagnole Antiatoms (qui ne précise pas si elle a été influencé par les Indignés de la placa Catalunya!)

Les Onze mille verges

Mardi, avril 24th, 2012



Image 1: Libertinage: photographie extraite de la publication en ligne de « Les Onze Mille Verges ou les Amours d’un Hospodar. » de Guillaume Apollinaire, 1907.
Image 2: illustration de l’article sur la guerre Russo-Japonaise 1904-1905, Wikipédia. Soldats russe enterrant des militaires japonais. Bien que vainqueur, le Japon eut à souffrir de plus de pertes humaines que son adversaire.

Image 3: Éléments de décors et accessoires après une représentation du spectacle « Les Onze Mille Verges » d’après Guillaume Apollinaire, adaptation et mise en scène de Godefroy Ségal à La Maison de la poésie, avril 2012..

 

 

Godefroy Ségal a eu l’audace de mettre en scène, ce qui semble bien être une première, « Les onze mille verges » de Guillaume Apollinaire. L’audace, lorsque l’on connait le texte (souvent par ouï-dire, rarement lu) mais aussi lorsque l’on songe à la frilosité morale et conservatrice de notre temps. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter Marine le Pen au soir du premier tour, dimanche, déclarer que le FN est «désormais la seule opposition à la gauche ultralibérale, laxiste et libertaire ».

Aussi, je ne peux que vous encouragez à vous rendre à la Maison de la Poésie, où se joue pour quelques dates encore (du mercredi 23 mai au dimanche 3 juin) cette courageuse et hilarante mise en scène, interprétée par quatre comédiennes, qui nous en imposent par leur témérité (avec et sans moustaches): Géraldine Asselin, Barbara Ferraggioli, Nathalie Hanrion et Mathilde Priolet.

Godefroy Ségal était l’invité samedi 21 avril de l’émission « Mauvais genre » sur France Culture. Autant dire que ce privilège n’est pas accordé à tout le monde (ce soir là, il était accompagné et à sa juste place entre Pierre Louys et Joël-Peter Witkin, c’est tout dire…). Vous pouvez réécouter l’émission pour appréhender tous les enjeux que Ségal place dans ce projet, sa généalogie et son ambition émancipatrice. Le livre fut écrit en 1907 et publié de façon confidentiel avec un pseudonyme à peine masqué (les initiales GA). Sa première édition « officielle » par Régine Desforges et Jean-Jacques Pauvert date de … 1970. Son intrigue fait d’un simple hospodar, le tricard méritant mais victime par sa flagornerie des 11000 verges de soldats Japonais. En effet, de Bucarest, à Paris, puis sur le front de la guerre Russo-Japonais (esquisse de la 1er guerre mondiale), Apollinaire ouvre avec son aventure libertine les pages du livre d’histoire qui va courir tout le long du 20eme siècle: destruction, violence et guerre.

 

Vous vous demandez si ce spectacle est pour vous?; donnons la parole au metteur en scène

Pour qui ?
Un public averti. C’est à dire interdit aux mineurs, même accompagnés. Avant même de savoir ce qu’ils pourraient y voir, il suffit de lire quelques lignes du poète pour comprendre que ce n’est pas pour eux. Pour les autres, aucune inquiétude, c’est du théâtre. Et comme d’habitude, tout est faux, aucune comédienne n’est maltraitée pendant le spectacle et aucune ne prend réellement du plaisir. Mais précisons qu’il y a dans cette œuvre immense de poésie
Des actes
De copulations,
D’onanisme,
De triolisme,
De copulations collectives,
De pederastie,
D’homosexualité,
De nécrophilie,
De scatophilie,
De sadisme,
De masochisme…
Comme quoi, il faut un public ouvert à mille et mille surprises de bon aloi. A savoir, que comme le souhaitait Apollinaire, on le sent dans ses vers, cela doit être livré avec beaucoup de plaisir et humour, mais nous soupçonnons le poète plus conscient de son écrit comme sens de vie qu’un vulgaire texte potache.
Aussi, nous espérons que le public verra jaillir du sens, la vie en face, la vie sans baisser les yeux.

 

 


Image 1: Pierre-Auguste Renoir, La Parisienne, 1874. Huile sur toile.
Image 2: Benoît Peverelli, photographie extraite de « La Parisienne », par Inès de La Fressange et Sophie Gachet, ed Flammarion, 2010.

« De même que les autres Roumains, le beau prince Vibescu songeait à Paris, la Ville-lumière, où les femmes, toutes belles, ont toutes aussi la cuisse légère. Lorsqu’il était encore au collège de Bucarest, il lui suffisait de penser à une Parisienne, à la Parisienne, pour bander et être obligé de se branler lentement, avec béatitude. Plus tard, il avait déchargé dans maints cons et culs de délicieuses Roumaines. Mais il le sentait bien, il lui fallait une Parisienne. »