Archive for the ‘COMPTE RENDU’ Category

Wade Guyton, objet anxieux

Mercredi, avril 16th, 2014

Wade Guyton
26 avril – 7 juin 2008

Pour accompagner cette très troublante exposition à la galerie Chantal Croussel il faut prendre le temps de réécouter / revoir comme un effet doppler du même type que celui que propose l’exposition (Wade Guyton « refait » l’exposition de 2008) le curieux « Une peinture parlée » initié par le Nouveau Festival au Centre Pompidou et ici consacré à Guyton par la voix de Vincent Pécoil (où comment les mots viennent revêtir une oeuvre, la nourrir et s’en nourrir pour donner à voir une pratique)

ici, PEINTURE PARLEE – WADE GUYTON, UNTITLED (2008) en 2009

Des critiques d’art, conservateurs ou artistes sont invités à choisir chaque jour une œuvre picturale qui leur semble emblématique de la peinture actuelle. Vincent Pécoil présente l’oeuvre de Wade Guyton, Untitled, (2008), impression jet d’encre Epson Ultrachrome sur toile de lin, 213.4 x 175.3 x 3.75 cm, collection Chantal Crousel, Paris. 14h, Galerie sud.

dont je retiens l’idée suivante: « C’est parce que le projet formaliste destiné aux images imaginé dans le programme des avants garde (intégrer l’art et la vie) a été réalisé in fine par les industries culturelles et les média de communication de masse que le projet de revenir à l’abstraction de wade Guyton par les moyens même de la production d’images en série (l’imprimante jet d’encre) trouve sa pertinence. C’est l’abstraction à l’ère de l’imagerie digitale. Une peinture anxieuse qui agglomère une bibliothèque universelle d’images jusqu’au monochrome mais encore présentent en creux. Ni peinture, ni image, ni production méchanique: des objets anxieux. »

A voir absoluement à la galerie Chantal Croussel, jusqu’au 19 avril 2014

For his second solo show at Galerie Chantal Crousel, Wade Guyton returns to his exhibition six years ago. Using the same digital file to make ten black paintings in 2008, he makes ten more. The printer is an Epson 9900, the model that replaced the Epson 9600. The ink is now UltraChrome with Vivid Magenta Technology™.

HCB

Vendredi, mars 14th, 2014

ARRIERE GOUT

Mardi, septembre 3rd, 2013


Image 1: publicité 4X3 « Pelforth, Luttons pour le vrai goût » Paris, août 2013
Image 2: « Raising the Flag on Iwo Jima », Joe Rosenthal / The Associated Press
Image 3: Chope « Relèvement du drapeau sur Iwo Jima »

Mélangez une accroche « militante » avec une image historique de propagande militaire à peine camouflée (il s’est avéré que la mise en scène de la photographie originale faites en pleine seconde guerre mondiale a en grande partie relancé l’effort de guerre aux Etats-Unis, « the right picture that win or loose the war » cf. Flags Of Our Fathers de Clint Eastwood) ajoutez une bière en pleine campagne de promotion dans la fin de la torpeur de l’été et vous obtenez un cocktail d’un goût douteux quoi qu’en dise la réclame « Luttons pour le vrai goût ».

On se pince et on cherche le second degré pour se persuader que le team de créatifs concerné nous fait une grosse farce avec ce collage idéologiquement indigeste, mais pas sûr… Peut-être que si Pelforth avait pousser la blague jusqu’au mug…

Santé!




La Marianne du président

Jeudi, juillet 18th, 2013

Un nouveau timbre-poste à l’effigie de Marianne tente de rafraichir l’image du président Hollande.

En annoncant le 14 juillet dans les salons de L’Elysée (lire ici l’article du Figaro) le lancement de ce nouveau timbre « Marianne et la jeunesse » (Le jeune: « Un timbre c’est quoi?… un courrier? du papier? hein? il faut coller sa salive dessus…), le président a choisi d’adresser un « message fort » aux jeunes français: «la jeunesse est la priorité de mon mandat et ce timbre en est l’illustration». Conséquence…

A lire dans la partie blog du greffon, ICI


TOILET PAPER LEGREFFON

Mercredi, juillet 17th, 2013

UN greffon dont on peut rêver…




Image et video: campagne Kenzo, FW 2013 par Toilet Paper

Cattelan… fait de la pub.

Donc, en attendant une greffe Toilet paper legreffon , aller de ce pas lire l’article de Hugo Vitrani, l’entretien avec Maurizio Cattelan, et regarder le portfolio sur Médiapart: lien Cattelan, l’artiste «qui danse sur la frontière»

Meme (pas mal)

Vendredi, juin 21st, 2013

Image: « Il Palazzo Enciclopedico », Pavillon international, Biennale de Venise 2013
video: lien Biennale Remise du Lion d’or à l’artiste Tino Seghal, Venise 2013

Cette année, le Lion d’or de la Biennale de Venise a été attribué à un artiste singulier quoique très présent depuis 2 ou 3 ans sur la scène artistique internationale, Tino Seghal. Mais ce prix ne lui est pas décerné sans raisons. Pour preuve, à mon sens, la performance « This Variation » à la dernière dOCUMENTA qui restera comme le moment fort de cette édition (lire à ce propos l’article du Guardian « A piece of performance art set in darkness made me see the light » par A.Searle)
Artiste singulier parce que sans oeuvres ou dites immatérielles. Son travail consiste à mettre en scène des « performeurs », danseurs, chanteurs, acteurs, (mais aussi historiens, philosophes…) professionnels ou non dans des protocoles dont nous n’avons pas les clés mais qui nous apparaissent doucement pourvu qu’on y prenne le temps.

Seghal impose aussi certaines règles aux visiteurs: celui de ne pas enregistrer, filmer, photographier la performance. Cette place accordée au temps de l’expérience fait partie intégrante de l’œuvre. On peut s’en passer mais d’être ainsi soulagé du souvenir de pixels joue en faveur du moment présent et la trace n’en reste que plus sensible puisqu’il faut travailler son souvenir. Et de toutes les façons une image ne peut que décevoir l’autre qui regarde au regard de ce qu’on a vécu. (bien entendu je m’empresse de faire l’inverse avec la photo en tête de ce billet…)

Il est donc assez gênant de voir, lors de la remise de son trophée à Venise, Seghal se faire prendre au jeu du Mème (après Hollande, Sarkozy…), un phénomène on ne peut plus associé à la culture de l’image numérique (communicante, joueuse, relationnelle et surtout jouant sur l’instant), celle-là justement qu’il tente de tenir à distance de son travail!!

Photographié dans une pose d’artiste guindé et gêné… La caricature de l’Ârtiste contemporain en somme. C’est drôle mais méchant… dotant plus que son petit discours à découvrir dans la vidéo n’est pas si mal pour comprendre sa position par rapport à la production artistique actuelle (un peu trop romantique pour ses interprètes « breathing for you » et un peu flou sur le contrat (financier, droit d’auteur) qui les lie). je suis sensible à l’image de la personne sur ses genoux, en effet quand se retrouve-t-on dans les cultures occidentales sur les genoux? rarement…

A la fin la parole à l’artiste: « images are not so fare away from a stone »… Tino Seghal.
Parole Zen certainement, en tout cas à méditer. Personnellement j’aime bien l’image…


Printemps français (mauvais signe)

Mardi, avril 23rd, 2013

 



Image 1: Béatrice Bourges, avec des membres du Printemps français, le 27 mars 2013 à Paris (VINCENT WARTNER/20 MINUTES/SIPA
Image 2: photo-illustration article « Un enfant battu pendant onze ans ». source http://www.7sur7.be 16/03/11
Image 3: « La lutte continue », affiche atelier de sérigraphie de l’école des beaux-arts de Paris, Mai 68.
Image 4: logo original du mouvement « Printemps français » et capture d’écran du site officiel du mouvement.
Image 5: « Manifestation des opposants à la loi sur le mariage pour tous sur les Champs Elysées le 24 mars. » AP / Michel Euler
Image 4: « La lutte continue », affiche atelier de sérigraphie de l’école des beaux-arts de Paris Mai 68.

Mai 1968, Avril 2013. Autre printemps, autres luttes, autres enjeux.

Il faut être aveugle pour ne pas voir ce que le mouvement désigné sous le nom de « Printemps français » véhicule d’agressivité sectaire au nom de la morale chrétienne (ce mouvement est un dissident de la « Manif pour tous », il est soutenu par les Jeunesses identitaires, les étudiants d’extrême droite du GUD et le mouvement intégriste Civitas)
Cette agressivité qui d’ailleurs s’est clairement illustrée dans le choix… de leur propre logo ! Un bébé blanc encadré par deux poings bleu et rouge menaçants. Belle ambiguïté (celui qu’ils sont supposés défendre fait figure d’agressé) qui n’a pas semblé gêner les porteurs de pancartes…
Réveil tardif, aujourd’hui sur le site officiel du mouvement le logo a changé, le bébé laissant la place à un petit poing plus « coopératif », mais c’est bien la preuve que le premier faisait tâche…

Mai 68 avait fait naître des signes et des messages de la révolution étudiante et ouvrière une vraie pédagogie populaire des images (sens du détournement, exécution graphique, image travaillée en commun… autant de qualités qui ont encore une actualité lorsque l’on regarde la production des étudiants de l’UQAM au Québec en 2012 pour soutenir le « Printemps érable », lire l’article « La montagne rouge, une école d’expérience » sur le blog du greffon ICI).
Aujourd’hui, en France, les mouvements qui occupent la rue pour manifester leur peur et leur haine feraient bien d’aller suivre une formation chez nos cousins…

Contre la bêtise, l’aveuglement et la chienlit, La lutte continue…!

COLLISION SWATCH ADIDAS (1996-2013)

Vendredi, mars 8th, 2013


Video 1: Publicité adidas Originals, sidlee 2013.
Video 2: publicité Swatch, devarrieuxvillaret, 1996.

17 ans séparent ces deux films, autant dire une éternité sur l’échelle du temps de la publicité, mais l’idée est la même… Cycle, redite, mix ? Analyse.

Mon pacte avec la publicité a été signé en 1996 avec ces publicités pour Swatch.

On pourrait, comme le fait l’agence Sidlee aujourd’hui pour promouvoir leur dernière pub adidas original, parler de « collision entre l’art et le style »: les spots télés furent pour la plupart directement copier / coller depuis l’émission culte Snark d’Arte que je regardais alors.

La chaîne culturelle avait d’abord grincé des dents en refusant de céder des œuvres d’artistes à une agence de communication… Aujourd’hui les choses sont beaucoup plus embrouillées semble-t-il. en effet chez Adidas, qui fait l’art et qui fait le style? L’illustrateur SoMe est-il un artiste ou un excellent surfeur de tendances? Le pur styliste est-il le fabricant de chaussure de sport ou le directeur artistique qui a eu l’idée de mixer greffer « colliser », A-track / SoMe ?

Et puis, une publicité aujourd’hui c’est un long générique:

Annonceur: Adidas Originals – Alexander Matt
Agence: Sid Lee
Direction de la création exécutive: Kris Manchester
Conception-rédaction: Joe Hagel, Bryan Wolff-Shoemaker
Direction de création: Jean François Dumais, Ness Higson, Simon Schmitt, Charles Hall
Direction artistique: Ruben Beddeleem, Lana Shahmoradian, Sofia Gillstrom, Henrik Leichsenring, Daniel Sumarna
Design: Kevin Yaun
Direction stratégique: Simon Wassef
Stratégie numérique: Andreas Widman
Production et gestion de production: Jimmy Lee
Direction de la production: Claudia Roy
Production exécutive: Josh Reynolds
Production: Mélanie La Rue
Direction artistique (achat d’art): Vahid Tizhouch
Production imprimée: Dana Klyszejko
Liaison d’affaires: Paul Fitz Gerald
Production numérique SLT (Amsterdam)
Direction, production numérique: Darden Longenecker
Technique principale: Kamil Gottwald
Production: Jean Patrik Bouchet
Design d’interface: Bastian Roden
Gestion de compte
Direction de compte: Connie Ponari, Markus Gerdemann
Partenariat, production numérique: B.reel (Stockholm)
Maison de production: Iconoclast
Direction: So Me
Direction photo: Arnaud Potier
Postproduction: Digital District
Édition: Walter Mauriot
Mix sonore: Velvet Sound, Tranquille Le Chat
Design sonore: A-Trak, Marco Casanova, Laurent D’Herbecourt

Je ne sais pas si cette pub pour Adidas vieillira aussi bien que celles pour Swatch (ce qui est rare pour la pub souvent indéxée à son époque). Dans le cas de Swatch, ces films issus de Snark étaient de vrai bijoux qui ne cédaient rien à la « tendance », ils étaient inspirants et le directeur artistique Didier Richart avait même été jusqu’à prendre la caméra et à réaliser ses propres films. Nous étions peut-être 5 au plus à y travailler quotidiennement, boostés par le vent de liberté créative que nous apportait le Snark. Cela semble artisanal au vu du générique de Sidlee… et cela se voit, j’aime le bricolage de ces films. C’est là que ce métier que j’inventais (le planning stratégique visuel ?) s’est encré: dans l’inspiration et l’intuition des artistes.

Sur le site de culturepub vous trouverez l’ensemble des films de la campagne Swatch de 1996.

Pour conclure. Il faut quand même saluer l’appétit de Sidlee, son ouverture d’esprit, son art du Greffon (!) pour amener de nouveaux talents vers l’univers de marque internationale souvent soucieuse de border leur image… J’assiste depuis 3 ans au festival OFFF et je vois chaque année se présenter les plus talentueux artistes du graphisme, du motion design, des nouvelles narrations numériques et je me désole que voir que la publicité laisse ces talents à sa porte. Mais pas Sidlee et je ne suis donc pas si surpris de voir sur le site dédié (entre autre) Geoff Lillemon (Champagne Valentine) et Colin Solal Cardo (la blogotèque) rassemblés.


LAVIER DANS LA VILLE

Mercredi, novembre 14th, 2012

Image: affiche retrospective Bertrand Lavier, Centre Pompidou, metro Paris. Novembre 2012


Je ne résiste pas à l’occasion de cette retrospective à faire un retour sur un ancien billet (Equivalence): La rencontre dans un magazin d’électroménager du 19e arrondissement avec un Lavier. Et je terminais en posant la question: Bertrand Lavier est un artiste reconnue sur la scène artistique, mais par qui est-il connu? Sa retrospective va t-elle résoudre la question?

Inévitable…

Vendredi, novembre 9th, 2012



Image: Publicité « Inévitable » parfum Chanel n°5 / Brad Pitt & Angelina Jolie vu comme des américains moyens, photomontage Danny Evans.


« The world turns and we turn with it? »

Les parodies n’en finissent plus de caricaturer la campagne pour le parfum Chanel n°5 avec l’acteur Brad Pitt délivrant des vérités stratosphériques (comme semble le suggérer le packshot final du flacon flottant dans un couché de soleil intergalactique). Les commentaires sur youtube font apparaitre tout l’humour et l’ironie qui contribuent à travers ces parodies à détruire une image… chèrement réalisée (on imagine). La suite à lire sur la partie blog du greffon.