Archive for the ‘CADASTRE’ Category

RIEN RIEN RIEN

Samedi, septembre 28th, 2013

Image: RIEN RIEN RIEN, Toulouse, place de la Patte d’Oie, 2011. Commons Wikimedia.


Après avoir médité six longues années sur le mot « rien », qui se prononce wu en Chine et mu au Japon, l’honorable Wu-Men Hui K’ai (1183-1260) écrivit enfin ce poème, qui clôt définitivement la question:




                                                                                Rien, rien, rien, rien, rien
                                                                                Rien, rien, rien, rien, rien
                                                                                Rien, rien, rien, rien, rien
                                                                                Rien, rien, rien, rien, rien




Henri Brunel, « Le moustique », édition Librio,Spiritualité 2003

ARRIERE GOUT

Mardi, septembre 3rd, 2013


Image 1: publicité 4X3 « Pelforth, Luttons pour le vrai goût » Paris, août 2013
Image 2: « Raising the Flag on Iwo Jima », Joe Rosenthal / The Associated Press
Image 3: Chope « Relèvement du drapeau sur Iwo Jima »

Mélangez une accroche « militante » avec une image historique de propagande militaire à peine camouflée (il s’est avéré que la mise en scène de la photographie originale faites en pleine seconde guerre mondiale a en grande partie relancé l’effort de guerre aux Etats-Unis, « the right picture that win or loose the war » cf. Flags Of Our Fathers de Clint Eastwood) ajoutez une bière en pleine campagne de promotion dans la fin de la torpeur de l’été et vous obtenez un cocktail d’un goût douteux quoi qu’en dise la réclame « Luttons pour le vrai goût ».

On se pince et on cherche le second degré pour se persuader que le team de créatifs concerné nous fait une grosse farce avec ce collage idéologiquement indigeste, mais pas sûr… Peut-être que si Pelforth avait pousser la blague jusqu’au mug…

Santé!




La Marianne du président

Jeudi, juillet 18th, 2013

Un nouveau timbre-poste à l’effigie de Marianne tente de rafraichir l’image du président Hollande.

En annoncant le 14 juillet dans les salons de L’Elysée (lire ici l’article du Figaro) le lancement de ce nouveau timbre « Marianne et la jeunesse » (Le jeune: « Un timbre c’est quoi?… un courrier? du papier? hein? il faut coller sa salive dessus…), le président a choisi d’adresser un « message fort » aux jeunes français: «la jeunesse est la priorité de mon mandat et ce timbre en est l’illustration». Conséquence…

A lire dans la partie blog du greffon, ICI


Saveurs fruits rouges, le goût du plaisir

Lundi, juillet 1st, 2013




Image: « Saveurs fruits rouges, le goût du plaisir », publicités 4X3, Paris, Juin 2013.


Saveurs fruits rouges, le goût du plaisir, où est le mal?

Un greffon qui laisse s’exprimer l’inconscient publicitaire: A ma gauche, le beau phallus bouteille entre ses deux couilles de verre, à ma droite l’éjac face avec le léchage de babine et l’oeil gourmand…

Ces publicités enfin osent franchir le pas et nous adressent un message explicite! mais que font ces messieurs les censeurs?

Un complément de programme sur la vertu en image à lire sur le blog de Agnès Giard « Les 400 culs »: Ados et porno : où est le mal ?

« De quoi la «protection de l’enfance» est-elle le nom ? D’une censure morale visant à diaboliser les images explicites (nudité, pénétration) coupables selon certains d’exercer une influence néfaste sur ces êtres fragiles que sont les mineurs. De l’épanouissement des «mineurs» en réalité, les puritains se fichent comme d’une guigne. S’ils s’en préoccupaient, ils sauraient que ce qui perturbe les enfants c’est le spectacle de la violence ou pire encore l’humiliation à laquelle on soumet leurs premières tentatives d’aimer leur corps et d’en tirer du plaisir…  »

Meme (pas mal)

Vendredi, juin 21st, 2013

Image: « Il Palazzo Enciclopedico », Pavillon international, Biennale de Venise 2013
video: lien Biennale Remise du Lion d’or à l’artiste Tino Seghal, Venise 2013

Cette année, le Lion d’or de la Biennale de Venise a été attribué à un artiste singulier quoique très présent depuis 2 ou 3 ans sur la scène artistique internationale, Tino Seghal. Mais ce prix ne lui est pas décerné sans raisons. Pour preuve, à mon sens, la performance « This Variation » à la dernière dOCUMENTA qui restera comme le moment fort de cette édition (lire à ce propos l’article du Guardian « A piece of performance art set in darkness made me see the light » par A.Searle)
Artiste singulier parce que sans oeuvres ou dites immatérielles. Son travail consiste à mettre en scène des « performeurs », danseurs, chanteurs, acteurs, (mais aussi historiens, philosophes…) professionnels ou non dans des protocoles dont nous n’avons pas les clés mais qui nous apparaissent doucement pourvu qu’on y prenne le temps.

Seghal impose aussi certaines règles aux visiteurs: celui de ne pas enregistrer, filmer, photographier la performance. Cette place accordée au temps de l’expérience fait partie intégrante de l’œuvre. On peut s’en passer mais d’être ainsi soulagé du souvenir de pixels joue en faveur du moment présent et la trace n’en reste que plus sensible puisqu’il faut travailler son souvenir. Et de toutes les façons une image ne peut que décevoir l’autre qui regarde au regard de ce qu’on a vécu. (bien entendu je m’empresse de faire l’inverse avec la photo en tête de ce billet…)

Il est donc assez gênant de voir, lors de la remise de son trophée à Venise, Seghal se faire prendre au jeu du Mème (après Hollande, Sarkozy…), un phénomène on ne peut plus associé à la culture de l’image numérique (communicante, joueuse, relationnelle et surtout jouant sur l’instant), celle-là justement qu’il tente de tenir à distance de son travail!!

Photographié dans une pose d’artiste guindé et gêné… La caricature de l’Ârtiste contemporain en somme. C’est drôle mais méchant… dotant plus que son petit discours à découvrir dans la vidéo n’est pas si mal pour comprendre sa position par rapport à la production artistique actuelle (un peu trop romantique pour ses interprètes « breathing for you » et un peu flou sur le contrat (financier, droit d’auteur) qui les lie). je suis sensible à l’image de la personne sur ses genoux, en effet quand se retrouve-t-on dans les cultures occidentales sur les genoux? rarement…

A la fin la parole à l’artiste: « images are not so fare away from a stone »… Tino Seghal.
Parole Zen certainement, en tout cas à méditer. Personnellement j’aime bien l’image…


1000 et 1 masque

Samedi, mai 4th, 2013

 






Image 1, 2: A burgonet is a type of helmet popular during the Renaissance. This one in particular was made by Filippo Negroli for the The Archduke Ferdinand II of Tyrol, Ambrass and Innsbruck ca. 1541.
Image 3: Bouclier à tête de de Méduse provenant de la même armure
From the Kunsthistorisches Museum.
Video: Trailer pour le nouveau jeu Call of Duty: Ghosts.

La bande annonce du nouvel Opus de Call of Duty: Ghosts fait dans le mashup, le remix et… la totale confusion dont le maître mot semble « faire peur ». Casques de guerres, Masques tribales (peu probable que le masque d’inspiration africaine du film ai été porté sur un champ de bataille… pas fou), maquillages rituels, époque diverses (de la Grèce antique au maquillage rituel encore pratiqué aujourd’hui) tout passe à la moulinette guerrière grâce au bon soin de l’agence de pub multi primée 72andSunny.

La casque de Filippo Negroli vient ici rappeler que les bestiaires imaginaires, voir humains (ici la « bête » n’est-elle pas un homme à la peau noire?) pour susciter la frayeur et stimuler la gloire du guerrier nous fascinent depuis déjà bien longtemps. En ce sens la version de Call of duty joue sur une corde masculine bien sensible et exotique qui devrait ravir les fans (déja 6 608 410 vues), mais peu humaniste!

Printemps français (mauvais signe)

Mardi, avril 23rd, 2013

 



Image 1: Béatrice Bourges, avec des membres du Printemps français, le 27 mars 2013 à Paris (VINCENT WARTNER/20 MINUTES/SIPA
Image 2: photo-illustration article « Un enfant battu pendant onze ans ». source http://www.7sur7.be 16/03/11
Image 3: « La lutte continue », affiche atelier de sérigraphie de l’école des beaux-arts de Paris, Mai 68.
Image 4: logo original du mouvement « Printemps français » et capture d’écran du site officiel du mouvement.
Image 5: « Manifestation des opposants à la loi sur le mariage pour tous sur les Champs Elysées le 24 mars. » AP / Michel Euler
Image 4: « La lutte continue », affiche atelier de sérigraphie de l’école des beaux-arts de Paris Mai 68.

Mai 1968, Avril 2013. Autre printemps, autres luttes, autres enjeux.

Il faut être aveugle pour ne pas voir ce que le mouvement désigné sous le nom de « Printemps français » véhicule d’agressivité sectaire au nom de la morale chrétienne (ce mouvement est un dissident de la « Manif pour tous », il est soutenu par les Jeunesses identitaires, les étudiants d’extrême droite du GUD et le mouvement intégriste Civitas)
Cette agressivité qui d’ailleurs s’est clairement illustrée dans le choix… de leur propre logo ! Un bébé blanc encadré par deux poings bleu et rouge menaçants. Belle ambiguïté (celui qu’ils sont supposés défendre fait figure d’agressé) qui n’a pas semblé gêner les porteurs de pancartes…
Réveil tardif, aujourd’hui sur le site officiel du mouvement le logo a changé, le bébé laissant la place à un petit poing plus « coopératif », mais c’est bien la preuve que le premier faisait tâche…

Mai 68 avait fait naître des signes et des messages de la révolution étudiante et ouvrière une vraie pédagogie populaire des images (sens du détournement, exécution graphique, image travaillée en commun… autant de qualités qui ont encore une actualité lorsque l’on regarde la production des étudiants de l’UQAM au Québec en 2012 pour soutenir le « Printemps érable », lire l’article « La montagne rouge, une école d’expérience » sur le blog du greffon ICI).
Aujourd’hui, en France, les mouvements qui occupent la rue pour manifester leur peur et leur haine feraient bien d’aller suivre une formation chez nos cousins…

Contre la bêtise, l’aveuglement et la chienlit, La lutte continue…!

COLLISION SWATCH ADIDAS (1996-2013)

Vendredi, mars 8th, 2013


Video 1: Publicité adidas Originals, sidlee 2013.
Video 2: publicité Swatch, devarrieuxvillaret, 1996.

17 ans séparent ces deux films, autant dire une éternité sur l’échelle du temps de la publicité, mais l’idée est la même… Cycle, redite, mix ? Analyse.

Mon pacte avec la publicité a été signé en 1996 avec ces publicités pour Swatch.

On pourrait, comme le fait l’agence Sidlee aujourd’hui pour promouvoir leur dernière pub adidas original, parler de « collision entre l’art et le style »: les spots télés furent pour la plupart directement copier / coller depuis l’émission culte Snark d’Arte que je regardais alors.

La chaîne culturelle avait d’abord grincé des dents en refusant de céder des œuvres d’artistes à une agence de communication… Aujourd’hui les choses sont beaucoup plus embrouillées semble-t-il. en effet chez Adidas, qui fait l’art et qui fait le style? L’illustrateur SoMe est-il un artiste ou un excellent surfeur de tendances? Le pur styliste est-il le fabricant de chaussure de sport ou le directeur artistique qui a eu l’idée de mixer greffer « colliser », A-track / SoMe ?

Et puis, une publicité aujourd’hui c’est un long générique:

Annonceur: Adidas Originals – Alexander Matt
Agence: Sid Lee
Direction de la création exécutive: Kris Manchester
Conception-rédaction: Joe Hagel, Bryan Wolff-Shoemaker
Direction de création: Jean François Dumais, Ness Higson, Simon Schmitt, Charles Hall
Direction artistique: Ruben Beddeleem, Lana Shahmoradian, Sofia Gillstrom, Henrik Leichsenring, Daniel Sumarna
Design: Kevin Yaun
Direction stratégique: Simon Wassef
Stratégie numérique: Andreas Widman
Production et gestion de production: Jimmy Lee
Direction de la production: Claudia Roy
Production exécutive: Josh Reynolds
Production: Mélanie La Rue
Direction artistique (achat d’art): Vahid Tizhouch
Production imprimée: Dana Klyszejko
Liaison d’affaires: Paul Fitz Gerald
Production numérique SLT (Amsterdam)
Direction, production numérique: Darden Longenecker
Technique principale: Kamil Gottwald
Production: Jean Patrik Bouchet
Design d’interface: Bastian Roden
Gestion de compte
Direction de compte: Connie Ponari, Markus Gerdemann
Partenariat, production numérique: B.reel (Stockholm)
Maison de production: Iconoclast
Direction: So Me
Direction photo: Arnaud Potier
Postproduction: Digital District
Édition: Walter Mauriot
Mix sonore: Velvet Sound, Tranquille Le Chat
Design sonore: A-Trak, Marco Casanova, Laurent D’Herbecourt

Je ne sais pas si cette pub pour Adidas vieillira aussi bien que celles pour Swatch (ce qui est rare pour la pub souvent indéxée à son époque). Dans le cas de Swatch, ces films issus de Snark étaient de vrai bijoux qui ne cédaient rien à la « tendance », ils étaient inspirants et le directeur artistique Didier Richart avait même été jusqu’à prendre la caméra et à réaliser ses propres films. Nous étions peut-être 5 au plus à y travailler quotidiennement, boostés par le vent de liberté créative que nous apportait le Snark. Cela semble artisanal au vu du générique de Sidlee… et cela se voit, j’aime le bricolage de ces films. C’est là que ce métier que j’inventais (le planning stratégique visuel ?) s’est encré: dans l’inspiration et l’intuition des artistes.

Sur le site de culturepub vous trouverez l’ensemble des films de la campagne Swatch de 1996.

Pour conclure. Il faut quand même saluer l’appétit de Sidlee, son ouverture d’esprit, son art du Greffon (!) pour amener de nouveaux talents vers l’univers de marque internationale souvent soucieuse de border leur image… J’assiste depuis 3 ans au festival OFFF et je vois chaque année se présenter les plus talentueux artistes du graphisme, du motion design, des nouvelles narrations numériques et je me désole que voir que la publicité laisse ces talents à sa porte. Mais pas Sidlee et je ne suis donc pas si surpris de voir sur le site dédié (entre autre) Geoff Lillemon (Champagne Valentine) et Colin Solal Cardo (la blogotèque) rassemblés.


BLEU JAUNE (équivalence)

Vendredi, février 22nd, 2013










Image 1: photographie « jaune minoritaire », quai de métro Paris février 2013.
Image 2: Femen Boobprints.
Image 3: Jean-Luc Moulène Deux bassines, Paris, 11 février 2006


« Les incontournables Femen, qui ont su utiliser l’éternelle facilité publicitaire de la paire de seins pour une lutte féministe, continuent de développer leur action.
En élargissant leur influence, le besoin financier se fait, en toute logique, ressentir. Désormais pour 70$ vous obtenez un boobsprint, c’est-à-dire un tableau original des seins d’une activiste. Une idée brillante. » Blended (l’œil)

A JL Moulène.

BATH THERAPY

Jeudi, février 21st, 2013

Peinture: Leon Golub, Mercenaries V, 1984.

Image: photographie de George W. Bush, paisible retraité, peignant une église dans son salon. La photo a été hacké sur le compte email d’un membre de la famille Bush par Guccifer de même que les deux photos suivantes, visiblement des photos des tableaux en-cours adressées à sa soeur. Les sujets triviaux, Bush dans sa salle de bain, résonnent bizarrement (les corps nus, le carrelage, la baignoire?) avec les photos d’Abu Ghraïb. De l’art thérapie… Guccifer devrait profiter des adresses email pour conseiller à sa famille de lui offrir un catalogue raisonné de l’œuvre de Leon Golub.

Lien: George W. Bush’s bizarre bathroom self-portraits laid bare by audacious hack.







–In the 1970s, despairing over the fate of his art and his country, Leon Golub destroyed all of his paintings, wiping the slate clean. Born January 23, 1922, Golub underwent a second birth in that act, freeing himself to protest and document what he saw as the crimes against humanity committed by the United States of America. His Napalm Flag (above, from 1974) drenches the American flag metaphorically in the napalm used so mercilessly by the U.S. military in the Vietnam War. As Philip Guston targeted Richard Nixon through his art, Golub aimed more widely, targeting the whole dehumanizing process of war sanitized by the ideology of flags and nationality. From his great moment of doubt, Golub discovered a sense of purpose that would populate his art, sadly, for the next thirty years.— Read More:http://artblogbybob.blogspot.com/2008_01_01_archive.html

http://madamepickwickartblog.com/2012/01/ragged-glory/