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Image: MF DOOM, Villette Sonique, le 25 mai 2011, Paris.
Samedi soir, en ouverture de Villette Sonique, le rap US électrisant, fou, bouillant de SHABAZZ PALACES, MF DOOM, FLYING LOTUS
Image: Pendant le débat de l’entre-deux tours des élections présidentielles, boulevard de Sébastopol, Paris, 2 mai 2012.
Mercredi soir, j’étais à la Maison de la poésie pour assister à la représentation de la pièce de théâtre « Quatrevingt-treize« , le dernier roman de Victor Hugo adapté et mis en scène par Godefroy Ségal (de même que les « Onze mille verges » de Guillaume Apollinaire, dont j’ai parlé ici.)
1793, soit quatre ans après la révolution française et son titanesque ébranlement: la pièce évoque, selon les mots de son metteur en scène, le courage qu’il aura fallu pour en finir avec un régime vieux de plus de 1200 ans et les bouleversements qui en découlèrent dans la vie publique, politique mais aussi intime et morale (les conflits d’intérêts, la guerre intestine en Vendée avec les tentatives de restauration, les pressions aux frontières Espagnole et Belge…). Au cœur de l’intrigue, tenue de bout en bout par d’excellents comédiens et par l’imaginaire pictural magistral de Jean-Michel Hannecart, trois hommes se font faces, portant chacun leur idéal né de leur conviction et de leur utopie. Comme le dit très bien Godefroy Ségal dans la présentation du spectacle: « Cette œuvre testamentaire nous prend la main, nous citoyens, et nous rappelle la naissance de notre fragile liberté, de notre fragile égalité et de notre fragile fraternité. (…) Il n’y a pas de manichéisme là-dedans. Il y a du sentiment humain et de la complexité humaine. »
Le débat télévisé de l’entre deux tours se déroulait aux mêmes instants, et loin des écrans cathodiques, semblait le reflet pâle des enjeux pourtant si proche dont la pièce se faisait l’écho de façon épique et touchante: la Liberté, l’Egalité, la Fratenité.
En sortant, je pensais être définitivement loin des idéaux de Hugo. Ma surprise fut d’autant plus grande en remontant depuis le boulevard Sébastopol jusqu’à Jaurés, de voir que les cafés avaient remplacé sur les tv, le traditionnel match de football par la retransmission du débat. Et, plus curieux, on s’approchait de 22h45 mais ils étaient encore nombreux, attentifs et silencieux, à s’intéresser au face à face. La France représente bien encore aux yeux d’hommes et de femmes, une terre d’accueil et la patrie des droits de l’homme. Jusqu’à quand? Fragile…



Image 1: Les roseaux sont des cons, depuis 2001
Casser parfois, plier jamais !
Image de Gérard Paris-Clavel: Carte postale 10 x 15 offset 2 couleurs
Production Ne Pas Plier
Image 2: LIBERTE EGALITE SOLIDARITE
image produite et distribuée durant la manifestation du 1 mai 2012, Ne Pas Plier (?)
Image 3: Association NE PAS PLIER
Je voudrais me faire l’écho de l’association NE PAS PLIER qui propose depuis 1991 une « épicerie d’art frais ». Depuis 20 ans, cette « épicerie » vient souvent marquer par une image forte les manifestations politiques, sociales et populaires. Encore avant-hier pour le 1 mai, on pouvait voir circuler cet autocollant « LIBERTE EGALITE SOLIDARITE ». Tout est dit monsieur Sarkozy.
Image: « L’Or, Elixir » Paris, Esplanade du Palais de Tokyo, avril 2012.
La « vraie fête du travail » au Trocadéro
Le président sortant Nicolas Sarkozy a appelé ses partisans à se rassembler place du Trocadéro à Paris, où il prononcera un discours à partir de 15h30. Lundi lors d’une réunion publique à Avignon, il a affirmé qu’il attendait « des dizaines de milliers de Français ». A cette occasion, il a indiqué souhaiter promouvoir la fameuse « valeur travail » face à « l’assistanat » et, surtout, marquer le coup face aux « corps intermédiaires » qui, selon lui, paralysent le pays. Nicolas Sarkozy avait initialement annoncé une fête du « vrai travail » suscitant de vives critiques de la part de la gauche et des syndicats. Mal à l’aise avant la rectification de l’intéressé jeudi dernier en « vraie fête du travail », son propre camp a depuis salué l’organisation d’une contre-manifestation pour ne pas subir au « 20 heures », la litanie de ceux qui veulent notre échec », dixit l’ancien ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, cité par le quotidien « Le Monde ». Lors de son discours, le candidat-président devrait également revenir sur le thème des frontières qu’il a développé lors de son meeting de dimanche à Toulouse.
Source: La tribune
Image 1: Libertinage: photographie extraite de la publication en ligne de « Les Onze Mille Verges ou les Amours d’un Hospodar. » de Guillaume Apollinaire, 1907.
Image 2: illustration de l’article sur la guerre Russo-Japonaise 1904-1905, Wikipédia. Soldats russe enterrant des militaires japonais. Bien que vainqueur, le Japon eut à souffrir de plus de pertes humaines que son adversaire.
Image 3: Éléments de décors et accessoires après une représentation du spectacle « Les Onze Mille Verges » d’après Guillaume Apollinaire, adaptation et mise en scène de Godefroy Ségal à La Maison de la poésie, avril 2012..
Godefroy Ségal a eu l’audace de mettre en scène, ce qui semble bien être une première, « Les onze mille verges » de Guillaume Apollinaire. L’audace, lorsque l’on connait le texte (souvent par ouï-dire, rarement lu) mais aussi lorsque l’on songe à la frilosité morale et conservatrice de notre temps. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter Marine le Pen au soir du premier tour, dimanche, déclarer que le FN est «désormais la seule opposition à la gauche ultralibérale, laxiste et libertaire ».
Aussi, je ne peux que vous encouragez à vous rendre à la Maison de la Poésie, où se joue pour quelques dates encore (du mercredi 23 mai au dimanche 3 juin) cette courageuse et hilarante mise en scène, interprétée par quatre comédiennes, qui nous en imposent par leur témérité (avec et sans moustaches): Géraldine Asselin, Barbara Ferraggioli, Nathalie Hanrion et Mathilde Priolet.
Godefroy Ségal était l’invité samedi 21 avril de l’émission « Mauvais genre » sur France Culture. Autant dire que ce privilège n’est pas accordé à tout le monde (ce soir là, il était accompagné et à sa juste place entre Pierre Louys et Joël-Peter Witkin, c’est tout dire…). Vous pouvez réécouter l’émission pour appréhender tous les enjeux que Ségal place dans ce projet, sa généalogie et son ambition émancipatrice. Le livre fut écrit en 1907 et publié de façon confidentiel avec un pseudonyme à peine masqué (les initiales GA). Sa première édition « officielle » par Régine Desforges et Jean-Jacques Pauvert date de … 1970. Son intrigue fait d’un simple hospodar, le tricard méritant mais victime par sa flagornerie des 11000 verges de soldats Japonais. En effet, de Bucarest, à Paris, puis sur le front de la guerre Russo-Japonais (esquisse de la 1er guerre mondiale), Apollinaire ouvre avec son aventure libertine les pages du livre d’histoire qui va courir tout le long du 20eme siècle: destruction, violence et guerre.
Vous vous demandez si ce spectacle est pour vous?; donnons la parole au metteur en scène
Pour qui ?
Un public averti. C’est à dire interdit aux mineurs, même accompagnés. Avant même de savoir ce qu’ils pourraient y voir, il suffit de lire quelques lignes du poète pour comprendre que ce n’est pas pour eux. Pour les autres, aucune inquiétude, c’est du théâtre. Et comme d’habitude, tout est faux, aucune comédienne n’est maltraitée pendant le spectacle et aucune ne prend réellement du plaisir. Mais précisons qu’il y a dans cette œuvre immense de poésie
Des actes
De copulations,
D’onanisme,
De triolisme,
De copulations collectives,
De pederastie,
D’homosexualité,
De nécrophilie,
De scatophilie,
De sadisme,
De masochisme…
Comme quoi, il faut un public ouvert à mille et mille surprises de bon aloi. A savoir, que comme le souhaitait Apollinaire, on le sent dans ses vers, cela doit être livré avec beaucoup de plaisir et humour, mais nous soupçonnons le poète plus conscient de son écrit comme sens de vie qu’un vulgaire texte potache.
Aussi, nous espérons que le public verra jaillir du sens, la vie en face, la vie sans baisser les yeux.
Image 1: Pierre-Auguste Renoir, La Parisienne, 1874. Huile sur toile.
Image 2: Benoît Peverelli, photographie extraite de « La Parisienne », par Inès de La Fressange et Sophie Gachet, ed Flammarion, 2010.
« De même que les autres Roumains, le beau prince Vibescu songeait à Paris, la Ville-lumière, où les femmes, toutes belles, ont toutes aussi la cuisse légère. Lorsqu’il était encore au collège de Bucarest, il lui suffisait de penser à une Parisienne, à la Parisienne, pour bander et être obligé de se branler lentement, avec béatitude. Plus tard, il avait déchargé dans maints cons et culs de délicieuses Roumaines. Mais il le sentait bien, il lui fallait une Parisienne. »




Greffon avant élection avec les programmes des candidats, sans arrières pensées politiques, simplement un jeu avec les analogies formelles mais qui en disent long sur les conventions de poses et d’échelles qui inconsciemment réglementent les photographies « officielles » (de fait, je ne pense pas que les conseillers en communication de Sarkozy et Bayroux se soient concertés, pas plus que ceux de Poutou et Hollande…)
Greffon: Poutou / Hollande, Hollande / Poutou, Sarkozy / Bayroux, Le Pen / Mélenchon
A l’occasion de la massive retrospective Damien Hirst à la Tate Modern, on peut admirer dans le hall de la Turbine (si l’on en a la patience ) dans une boite noire magistralement aménagée à cet effet, l’œuvre la plus chère au monde (dit-on)… Succès marketing ou vrai évènement artistique ? Visiblement, ça marche, il y a une queue interminable.
C’est le moment de ressortir l’image tordante qui ouvre ce billet faite lors d’un happening des ARTFAIRIST durant la FIAC de 2008. Une vrai actualité!
For the love of God or…? A. Posterity B. Money C.Glory


Lien video TateShots: Damien Hirst, For the Love of God